Imagine-toi continue sa route, je reviens d’un mois d’Avignon avec mon solo au Buffon Théâtre. Il y a eu le monde qu’on attendait au rendez-vous pour un spectacle qui s'est régénéré grâce au lieu. Une sorte de grange avec un mur du fond en pierres de taille et une scène dominée par un petit gradin pour 120 spectateurs. On me voyait les molaires quand j’ouvrais la bouche…

A Avignon, j’ai produit et mise en scène Fane Desrues dans un seule-en-scène également, à La Luna. Un texte tiré d’un recueil de nouvelles intitulé « La Femme Rompue ». Le spectacle s’appelle « Le monologue de la femme rompue »affiche-Simone-pour-Blog-ju

Je vous laisse lire un article paru dans La Provence :

Le Monologue de la femme rompue

Publié le jeudi 14 juillet 2011 à 14H30http://memorix.sdv.fr/5/laprovence/divers/interne/57184610/Position1/SDV_PRO/default/empty.gif/56735959595577677432414143686343?rubrique=AvignonOff

 

Un soir de 31 décembre, Murielle est seule enfermée chez elle. Dans l'appartement du dessus, ça boit, ça danse, ça "baise", ça s'amuse en somme. Pas Murielle qui se "venge par le monologue" contre tous ceux qui ont fait de sa vie un enfer et l'ont abandonnée : sa mère, ses différents maris ou encore ses soi-disant amies. Le monde entier, enfin. Tous pourris! "J'étais faite pour une autre planète" avoue Murielle qui dira tout, sans fausse pudeur, comme une femme sincère qui n'a plus rien à perdre. Rompue.

Un carré tracé en blanc sur le sol, une chaise rouge dans un coin. Et puis l'époustouflante Fane Desrues, seule sur la scène, bouleversante. Passant de la rage aux pleurs, du cynisme aux supplications, de la détermination à l'abattement, elle revêt tous les visages de la femme rompue avec beaucoup de réalisme et de subtilité. Sa performance est si admirable qu'il nous est impossible de ne pas entrer en sympathie avec l'être meurtri qu'elle interprète. Le metteur en scène, Julien Cottereau, souhaitait que Le Monologue de la femme rompue "soit un véhicule qui nous permette de voyager vers un idéal d’écoute, de respect, d’harmonie des différences ; vers ce continent humain qu’il faut sans cesse cultiver d’émotions, d’engagement, de curiosité… et d’amour". Son vœu est bel et bien réalisé. 

Je suis trés fier de Fane. Une grande artiste a éclot. Je vais tout faire pour que les gens le sachent et apprécient ses talents de comédienne, sa générosité et sa sensibilité, sa force d’expression. On va essayer de le produire dans une petite salle à Paris la saison prochaine, même s’il faudrait enchaîner par un créneau de 19h dans un grand théâtre comme je l’ai fait avec Imagine-toi après Avignon au Fontaine. Là, il s’agit d’un texte exigeant, poignant et d’une performance à couper le souffle quand je n’utilisais, moi que des sons et des gestes mais le résultat est aussi enthousiasmant. Chaleureuse et claire, vibrante de vie et de punch, elle emporte avec elle les peines, les fardeaux, les impasses de son personnage et les transcende par le jeu. Le contraste entre le désespoir de Murielle, le style de Beauvoir et la ferveur de Fane nous donne la force et la confiance de croire à nouveau au beau, au vrai, au bon pour pacifier le monde. L’empathie nourrit l’humanité et défait la solitude. Une bonne représentation de théâtre plonge des personnages dans une lutte souvent acharnée qui les abime, l’acteur(trice), par la sincérité de son jeu nous permet d’ouvrir notre cœur et d’écouter pour entendre, de regarder pour voir afin de démêler nos propres contradictions et à différentes échelles d’entrevoir la possibilité de se retrousser les manches pour changer. Le théâtre se nourrit de cet idéal. La scène est une tribune d’espérance.

Ce fut une expérience enrichissante pour moi à tout point de vue…

Me voilà sinon en train de répéter « Paradis sur terre » de Tennessee Williams (j’ai enchaîné) tout le mois d’août au Théâtre Edouard VII. Le metteur en scène est Bernard Murat et mes partenaires Audrey Dana et…Johnny Halliday ! Fou, non ? Jusque là ça se passe comme il faut malgré l’exigeance de la partition. La première est le 6 septembre, vous me laisserez des commentaires si le cœur vous en dit.

A trés vite. Je vous dirais comment se profile la fin des répétitions bientôt.