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Julien Cottereau
21 août 2011

le monologue de la femme rompue & Johnny Halliday - Le Paradis sur terre - Tennessee Williams

Imagine-toi continue sa route, je reviens d’un mois d’Avignon avec mon solo au Buffon Théâtre. Il y a eu le monde

qu’on attendait au rendez-vous pour un spectacle qui s'est régénéré grâce au lieu. Une sorte de grange avec un mur

du fond en pierres de taille et une scène dominée par un petit gradin pour 120 spectateurs. On me voyait les molaires

quand j’ouvrais la bouche…

 

A Avignon, j’ai  mis en scène Fane Desrues dans un seule-en-scène également, à La Luna. Un texte tiré d’un recueil

de nouvelles intitulé « La Femme Rompue ». Le spectacle s’appelle « Le monologue de la femme rompue »

 

affiche-Simone-pour-Blog-ju

Je vous laisse lire un article paru dans La Provence :

 

Le Monologue de la femme rompue

 

Publié le jeudi 14 juillet 2011 à 14H30http://memorix.sdv.fr/5/laprovence/divers/interne/57184610/Position1/SDV_PRO/default/empty.gif/56735959595577677432414143686343?rubrique=AvignonOff

 

Un soir de 31 décembre, Murielle est seule enfermée chez elle. Dans l'appartement du dessus, ça boit, ça danse, ça

"baise", ça s'amuse en somme. Pas Murielle qui se "venge par le monologue" contre tous ceux qui ont fait de sa vie

un enfer et l'ont abandonnée : sa mère, ses différents maris ou encore ses soi-disant amies. Le monde entier, enfin.

Tous pourris! "J'étais faite pour une autre planète" avoue Murielle qui dira tout, sans fausse pudeur, comme une

femme sincère qui n'a plus rien à perdre. Rompue.

 

Un carré tracé en blanc sur le sol, une chaise rouge dans un coin. Et puis l'époustouflante Fane Desrues, seule sur

la scène, bouleversante. Passant de la rage aux pleurs, du cynisme aux supplications, de la détermination à

l'abattement, elle revêt tous les visages de la femme rompue avec beaucoup de réalisme et de subtilité. Sa

performance est si admirable qu'il nous est impossible de ne pas entrer en sympathie avec l'être meurtri qu'elle

interprète. Le metteur en scène, Julien Cottereau, souhaitait que Le Monologue de la femme rompue "soit un

véhicule qui nous permette de voyager vers un idéal d’écoute, de respect, d’harmonie des différences ; vers ce

continent humain qu’il faut sans cesse cultiver d’émotions, d’engagement, de curiosité… et d’amour". Son vœu est

bel et bien réalisé. 

 

Je suis trés fier de Fane. Une grande artiste a éclot. Je vais tout faire pour que les gens le sachent et apprécient

ses talents de comédienne, sa générosité et sa sensibilité, sa force d’expression. On va essayer de le produire dans

une petite salle à Paris la saison prochaine, même s’il faudrait enchaîner par un créneau de 19h dans un grand

théâtre comme je l’ai fait avec Imagine-toi après Avignon au Fontaine. Là, il s’agit d’un texte exigeant, poignant

et d’une performance à couper le souffle quand je n’utilisais, moi que des sons et des gestes mais le résultat est

aussi enthousiasmant. Chaleureuse et claire, vibrante de vie et de punch, elle emporte avec elle les peines, les

fardeaux, les impasses de son personnage et les transcende par le jeu.

Le contraste entre le désespoir de Murielle, le style de Beauvoir et la ferveur de Fane nous donne la force et la

confiance de croire à nouveau au beau, au vrai, au bon pour pacifier le monde. L’empathie nourrit l’humanité et 

défait la solitude. Une bonne représentation de théâtre plonge des personnages dans une lutte souvent acharnée

qui les abime, l’acteur(trice), par la sincérité de son jeu nous permet d’ouvrir notre cœur et d’écouter pour

entendre, de regarder pour voir afin de démêler nos propres contradictions et à différentes échelles d’entrevoir la

possibilité de se retrousser les manches pour changer. Le théâtre se nourrit de cet idéal. La scène est une tribune

d’espérance.

Ce fut une expérience enrichissante pour moi à tout point de vue…

Me voilà sinon en train de répéter « Paradis sur terre » de Tennessee Williams (j’ai enchaîné) tout le mois d’août

au Théâtre Edouard VII. Le metteur en scène est Bernard Murat et mes partenaires Audrey Dana et…Johnny

Halliday ! Fou, non ? Jusque là ça se passe comme il faut malgré l’exigeance de la partition. La première est le 6

septembre, vous me laisserez des commentaires si le cœur vous en dit.

A trés vite. Je vous dirais comment se profile la fin des répétitions bientôt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julien Cottereau
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Julien Cottereau

Julien Cottereau est comédien, clown, mime et bruiteur et il a parcouru les plus grands cirques et théâtres du monde.
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